Crise au Moyen-Orient : ses implications humanitaires
Le blocage du détroit d’Ormuz a de graves conséquences humanitaires dans de nombreux pays. État des lieux.
Des répercussions mondiales
En bloquant les détroits d’Ormuz, route maritime stratégique pour le commerce international, le conflit qui oppose l’Iran aux Etats-Unis et à Israël perturbe profondément les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce corridor est essentiel au transport de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires. Sa paralysie entraîne des retards, des détournements de navires et une raréfaction des produits essentiels. Ses effets à l’échelle planétaire fragilisent les économies et aggravent les crises humanitaires existantes.
Crise des engrais, crise agricole
Cette crise est celle des engrais. Jusqu’à 50% du commerce mondial d’urée provient du Moyen-Orient, transitant en grande partie par le détroit d’Ormuz. La perturbation de ces flux entraîne une hausse rapide des prix, avec une augmentation de près de 46% en un mois début 2026.
Cette inflation affecte directement les agriculteurs des pays à faible revenu, en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique latine. Moins d’engrais signifie des récoltes plus faibles, ce qui alimente à son tour l’insécurité alimentaire mondiale. La crise actuelle risque ainsi d’avoir des conséquences durables sur la production agricole et la stabilité alimentaire mondiale.
Flambée des prix alimentaires
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici mi-2026. La hausse des coûts du transport et de l’énergie se répercute directement sur les prix des denrées.
Dans certains territoires déjà vulnérables, comme Gaza, le prix de la farine a augmenté de près de 300%. Face à ces pressions, les organisations humanitaires envisagent de réduire drastiquement les rations alimentaires qu’elles distribuent, parfois à seulement 25% des besoins quotidiens.
Casse-tête logistique
Les coûts du transport maritime ont augmenté d’environ 70%, avec des pics atteignant 300% sur certaines routes. Les ONG sont contraintes d’emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux, notamment par voie terrestre.
Ces hausses de coûts réduisent directement la capacité d’action humanitaire : à budget constant, moins de nourriture et de médicaments peuvent être achetés et distribués. En Afrique et en Asie, les populations les plus fragiles qui se trouvent déjà en situation d’insécurité alimentaire subissent de plein fouet ces perturbations.
L’Afrique vulnérable
Les pays africains sont parmi les plus touchés par cette crise. Au Darfour, les coûts logistiques ont presque triplé, menaçant l’approvisionnement en médicaments essentiels. Dans la région du Sahel, la hausse des prix du carburant — jusqu’à 40% — contraint certains services de santé à réduire, voire interrompre leurs activités. Ces perturbations mettent en péril l’accès aux soins pour des millions de personnes.